La plupart des marques vous parlent de leurs engagements. Nous allons vous donner des noms, des lieux et une liste de ce qui ne va pas encore. Vous jugerez. Voici d'où vient une robe Rivage Bleu.
La matière : du plastique, pas du coton bio
Notre histoire ne commence pas dans un champ, mais dans les déchets.
Nos robes sont faites de polyester recyclé. Du PET, c'est à dire le plastique des bouteilles d'eau. Les bouteilles sont collectées, broyées en paillettes, refondues, puis étirées en un fil très fin qui est ensuite tissé.
Le tissu est teint dans la masse. Le pigment est introduit dans la matière en fusion, avant même que la fibre existe : le fil sort déjà rouge garance ou écru. Cela supprime le bain de teinture classique, qui est l'étape la plus gourmande en eau de toute la filière textile.
Disons aussi ce que ce tissu n'est pas. Ce n'est pas du coton bio, ce n'est pas du lin, ce n'est pas une matière naturelle. C'est du plastique. Du plastique qui existait déjà, qu'on a sorti du circuit des déchets pour lui donner plusieurs années de seconde vie, mais du plastique.
Nous préférons le dire nous mêmes plutôt que vous laisser le découvrir.
L'atelier de Lucknow
Nos robes sont coupées et cousues à Lucknow, dans l'État de l'Uttar Pradesh, au nord de l'Inde. C'est un petit atelier indépendant.
Balbinder y est sur place. Ce n'est ni un intermédiaire ni un bureau d'achat : il fait partie des trois fondateurs de Rivage Bleu. Il connaît les gens de l'atelier par leur prénom.
Nous sommes trois en tout. Guillaume en France, Mohit à Sydney, Balbinder à Lucknow. C'est peu. C'est aussi ce qui fait qu'à cette échelle, personne ne peut nous cacher quoi que ce soit dans notre propre chaîne d'approvisionnement.
L'atelier applique le droit du travail indien : horaires encadrés, conditions de travail sûres, salaires conformes à la législation. Nous n'avons pas encore fait vérifier tout cela par un organisme indépendant. C'est une vraie limite et elle figure plus bas, dans la liste.
Vingt bouteilles par robe
C'est notre chiffre, il est partout sur ce site, alors autant être clairs sur son statut.
Vingt bouteilles, c'est ce que représente le tissu d'une robe. Nous n'avons pas encore publié le détail du calcul : le poids exact du tissu, le rendement de la transformation, le format de bouteille retenu. Ce détail viendra sur cette page, chiffres à l'appui.
En attendant, prenez ce nombre pour ce qu'il est. Un ordre de grandeur, pas une mesure certifiée.
Pourquoi l'Inde et pas la France
C'est la question qu'on nous pose le plus souvent, et elle est légitime pour une marque française.
Le PET recyclé de qualité textile ne se transforme pas en France, en tout cas pas à notre échelle. Toute la filière, de la collecte à la filature jusqu'au tissage, se trouve en Inde, en Chine et en Turquie. Coudre en France aurait voulu dire importer le tissu depuis l'Inde, puis faire revenir les vêtements finis. La matière aurait voyagé deux fois.
Nous avons choisi de fabriquer là où la matière existe, et d'avoir un associé sur place plutôt qu'un fournisseur au bout d'un mail.
Ce n'est pas la réponse la plus flatteuse pour une marque qui vend en France. C'est celle qui correspond à ce que nous faisons vraiment.
Les microplastiques au lavage
Un vêtement en polyester relâche des microfibres quand on le lave. Le nôtre aussi. Prétendre le contraire serait mentir.
Trois choses aident, et elles sont simples. Laver à froid, machine pleine, cycle court : le relargage baisse nettement. Utiliser un sac de lavage type Guppyfriend : il retient l'essentiel des fibres détachées, et non, nous n'en vendons pas et nous ne touchons rien dessus. Enfin, garder longtemps : un vêtement porté pendant des années relâche moins qu'un vêtement acheté puis remplacé au bout d'une saison. C'est aussi pour ça que nous produisons peu de pièces et qu'elles sont coupées pour durer.
Ce que nous ne savons pas encore, c'est chiffrer précisément ce que relâche notre tissu à nous. Nous ne le ferons pas dire à une étude générale sur le polyester.
Ce que nous ne savons pas encore faire
Nous ne sommes pas une marque exemplaire. Nous sommes une marque qui commence. Voici ce qui manque, écrit noir sur blanc pendant que c'est encore gênant.
Nous n'avons pas fait auditer l'atelier par un tiers indépendant. Nous n'avons pas de solution de reprise pour les robes en fin de vie. Nous connaissons bien notre atelier de confection, beaucoup moins bien la filature et le centre de collecte qui interviennent en amont. Nos emballages et notre logistique ne sont pas encore au niveau du reste. Et le calcul des vingt bouteilles attend toujours d'être publié en détail.
Cette liste sera mise à jour. Quand une ligne disparaîtra, ce sera parce qu'elle aura été réglée, pas parce qu'elle sera devenue embarrassante.
Si vous voulez visiter l'atelier de Lucknow, écrivez nous et Balbinder organisera la visite. Et si vous avez une question précise sur la matière, la production ou nos chiffres, posez la. Nous répondons, y compris quand la réponse est « nous ne savons pas encore ».